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Conduire à Dakar : quelques tips pour survivre sur les routes

by Paulinedesîles
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Lorsque je suis arrivée à Dakar en 2014 pour la première fois, une des choses qui m’a le plus stupéfaite a été la conduite locale. Je pensais être dépaysée par les paysages, le bruit, les odeurs, la langue, bref, par la culture, mais c’est avant tout la conduite qui m’a marqué. J’écrivais d’ailleurs dans mon blog à l’époque : “Conduire ici relève vraiment de l’exploit. Vous pensez savoir bien conduire en France, et bien, c’est simple, oubliez tout ce que vous savez et recommencez depuis le début pour conduire à Dakar”.

Je pense donc qu’un article avec quelques conseils ne fera pas de mal et permettra aux futurs voyageurs de se préparer en ayant quelques bases du code de la route local.

Petit retour dans le passé avec mes premières réactions à chaud après une sortie en voiture à mon arrivée à Dakar :

“Je n’ai conduit que deux fois ici, mais à chaque fois, c’est un effort intense de concentration et de stress, ce qui me vaut l’occasion de revenir transpirante après chaque course, aussi courte fut-elle. C’est tout simplement l’anarchie, chacun conduit comme s’il était seul sur la route, sans anticiper ses gestes, sans regarder autour de lui. Il faut donc faire attention à soi, mais surtout aux autres, et quand je dis les autres, je ne parle pas que des voitures, mais aussi des nombreux piétons, au milieu de la route, qui traversent sans regarder, des enfants qui jouent au ballon dans les rues, des amis qui palabrent tranquillement, ou encore des charrettes. Sans oublier les “cars rapides”, qui n’ont d’ailleurs de rapide que le nom, ces fameuses camionnettes Renault bondées, datant des années 80 et rafistolées depuis, qui n’ont quasiment pas de freins et devant qui il faut absolument s’arrêter lorsqu’on en croise, sous peine de se faire rentrer dedans systématiquement. On les surnomme d’ailleurs les “S’en fout la mort” en raison de leur conduite kamikaze.”

Un car rapide transportant des passagers à Dakar.
Un car rapide transportant des passagers à Dakar

Conseil N°1 : Rouler lentement

C’est indispensable, il en va de votre survie sur la route. Puisque tout peut arriver, mieux vaut être prévoyant. Par exemple, certains carrefours n’ont ni rond point, ni feu rouge, ni priorité à droite. C’est à dire que chacun passe quand il peut. Parfois, un policier essaie de faire régner l’ordre dans tout ce capharnaüm, mais les automobilistes n’en ont que faire. C’est alors que l’on se met à utiliser la technique, que j’appelle la technique de l’accordéon. Il s’agit de s’insérer doucement, en collant la voiture de devant le plus possible, pour ne laisser personne qui arriverait de gauche ou de droite venir nous couper la route, et donc risquer de nous bloquer sur place pour de longues minutes. Continuez d’avancer petit à petit, en vérifiant bien sûr de tous les côtés que personne ne nous rentre dedans.

Conseil N°2 : Le plus gros a la priorité

Oui, ça peut faire sourire, mais c’est bien la vérité. A Dakar, si on ne respecte pas le code de la route ou les panneaux, on respecte le plus gros. Un camion ou un car rapide ne va donc pas hésiter à foncer à toute allure, sans ralentir au croisement, sachant pertinemment qu’il a la priorité sur les plus petits qui vont naturellement s’arrêter. Evitez, si vous le pouvez, de rouler avec une petite voiture, car en cas de choc face à un car rapide ou un Ndiaga Ndiaye, bus de transport local, vous serez évidemment moins bien protégé.

Conseil N°3 : Evitez les heures de pointe

Dakar est une ville en pleine expansion, et les travaux d’aménagement de la future ligne de bus rapide BRT n’arrangent pas les problèmes d’une circulation déjà saturée dans la capitale. Alors si conduire demande une patience et une concentration à toute épreuve, il est important aussi de bien choisir votre timing si vous devez vous déplacer à Dakar. Evitez au maximum les heures de pointe, sous peine de vous retrouver coincé parfois des heures pour parcourir une poignée de kilomètres. Prévoyez de la marge si vous devez vous rendre à un rendez-vous à l’autre bout de la ville.

Conseil N°4 : Garder son calme

Si vous n’avez pas l’habitude de voyager dans des pays en développement, essayez d’adopter un nouvel état d’esprit. Vivez dans le moment présent, et prenez votre mal en patience. Il serait inutile et frustrant d’essayer de comparer le mode de conduite sénégalais avec vos habitudes françaises, alors autant prendre tout cela avec le sourire. Et d’ailleurs, la plupart du temps, les conducteurs qui vous grilleront la priorité vous lanceront un pouce en l’air en guise de remerciement. Un geste aussi touchant qu’inattendu qui pourrait bien vous faire tout oublier !

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