Fin avril, nous sommes partis explorer la Namibie en famille pour un road-trip de 13 jours. Un voyage qu’on rêvait de faire depuis longtemps, des paysages qui coupent le souffle, et des moments que j’espère gravés pour toujours dans la mémoire de nos filles. Je vous raconte.
Si vous aussi, vous vivez à l’étranger, vous vous êtes certainement déjà fait la réflexion. On a tendance à moins voyager. Bien sûr, on fait nos valises régulièrement, on rentre en France voir la famille, les amis. Et on fait le plein de gastronomie française et d’apéros en terrasse. Tous nos congés (et notre budget voyage) y passent. On profite de ce qui nous manque, on court d’une maison à l’autre avec nos valises, et nos enfants. Puis, on se dit que l’année prochaine, on arrêtera VRAIMENT de faire le tour de France (spoiler, au bout de 10 ans on fait toujours les mêmes erreurs 😅)
Dix ans d’expatriation, et je réalise qu’on a presque oublié de voyager. Pas de rentrer au pays. De vraiment partir, découvrir, s’aventurer hors de notre quotidien.
Il y a deux ans, quand on vivait encore à Rabat, on s’était offert notre premier vrai voyage en famille : un road trip de 12 jours au Maroc, à la découverte de notre terre d’accueil. Organisé par nous-mêmes, à notre rythme, avec nos filles encore toutes petites. Cette sensation de liberté, d’aventures et d’émotions nous a donné envie de retenter l’expérience, dans un pays, cette fois, totalement inconnu.
La Namibie s’est imposée. Pourquoi ? Je crois que parce que petite, j’ai grandi avec les images de Tippi, cette petite fille française du même âge que le mien, dont les parents étaient photographes animaliers. Elle marchait pieds nus au coeur du Kalahari et jouait à chat avec des éléphants, léopards, singes et suricates. Ça a commencé à semer une graine quelque part dans mon esprit.
J’ai toujours eu cette envie dans un coin de ma tête de voir à quoi ces paysages ressemblent en vrai. Moi aussi, j’aurais voulu avoir l’enfance de Tippi. Bref, quelques décennies plus tard, on a sauté le pas. Je vous raconte cette expérience incroyable.
Organiser son road trip en Namibie en famille : pourquoi passer par une agence locale ?
On a toujours eu l’habitude de voyager seuls. D’organiser, de faire des recherches pendant des heures, de construire nos itinéraires étapes par étapes. Mais la Namibie, c’est un pays qui demande de la préparation : les distances sont colossales, les routes parfois délicates, et se tromper de lodge au milieu du désert, c’est moins quand même moins drôle que si ça arrive à l’île Maurice.
Nous avons donc fait appel à une agence de voyages, sur recommandations d’amis à nous qui étaient déjà partis en Namibie, depuis Maurice.
Safari Factory est géré par Laurent et Laetitia Borroni, un couple de français qui a vécu une quinzaine d’années en Namibie. Ils connaissent le pays comme leur poche, et ça se sent à chaque détail de l’itinéraire qu’ils nous ont concocté.
J’ai vraiment apprécié le fait d’être guidée tout au long de la préparation de ce voyage, de suivre les recommandations de Laetitia, de lui faire confiance sur les itinéraires et les activités les plus adaptées pour ce voyage avec nos deux filles. C’était aussi très rassurant de pouvoir être accompagné pendant le voyage en cas de besoin.
Itinéraire road trip Namibie en famille : 13 jours, 5 étapes
Jour 1 : on atterri à Windhoek, puis, après une première nuit sur place, direction le loueur de voiture pour récupérer notre 4×4 avant de prendre la route pour notre première étape.
Parc d’Etosha en famille : safari en self-drive et Okaukuejo Waterhole

Jour 2 et 3 : Après 4h de route depuis Windhoek, nous découvrons notre premier lodge, l’Okutala Etosha Lodge, au sud du parc d’Etosha, où nous passerons deux nuits. Gros coup de cœur pour ce lieu, situé dans une réserve privée de 24 000 hectares, et premier contact avec les animaux : nous sommes accueillis par des girafes et des rhinocéros, qui viennent se rafraîchir au point d’eau situé devant l’espace restaurant. Magique.
Autre moment phare de ce séjour : la rencontre totalement improvisée avec une famille de mangoustes, avec lesquelles les filles ont adoré « jouer ». Ce sont de petits animaux très curieux et très faciles à approcher.
Jour 4 : Nous avons ensuite passé une nuit à l’Okaukuejo Resort, à l’intérieur du parc d’Etosha. L’hébergement en lui-même est assez basique mais ce n’était pas le sujet puisque l’avantage lorsqu’on dort au sein même du parc, est de pouvoir profiter des moments les plus propices à l’observation des animaux : au petit matin ou au coucher du soleil. Okaukuejo, l’un des plus grands points d’eau du parc (éclairé la nuit) permet d’observer zèbres, springboks, rhinocéros noirs, hyènes, chacals, girafes ou encore éléphants. Un rêve pour les amateurs de photo !



Nos infos utiles concernant la visite d’Etosha :
Vous pouvez circuler dans le parc avec votre propre véhicule, en self-drive, ou prendre les services d’une voiture avec guide qui sillonne le parc à la recherche des animaux. Nous avons opté pour la première option, préférant être libres de nos mouvements et vivre cette expérience à notre rythme, et surtout, au rythme des enfants.
Il faut savoir que le parc d’Etosha est immense : il fait 22 000 km², et l’on se rend d’un point d’eau à un autre au cours de la journée pour espérer voir toutes sortes d’animaux. Il faut donc être stratégique (ce que nous n’avons pas vraiment fait) et faire des choix : nous n’avions que 3 jours sur place et il était donc impossible d’explorer tout le parc. À chaque point d’eau, ses spécificités :
- Halali et Goas Waterholes pour les lions et grands prédateurs
- Okaukuejo Waterhole avec son point d’eau éclairé la nuit pour observer notamment le rhinocéros noir – des bancs y sont installés pour s’y poser au coucher de soleil : photos spectaculaires garanties !
- Okondeka : l’un des points d’eau les plus réputés pour observer les lions
- Ombika : situé juste avant l’entrée d’Anderson Gate, ce petit point d’eau n’est pas sans intérêt : nous y avons observé des éléphants à plusieurs reprises, et un couple que nous avons croisé a vu une lionne et ses petits le matin même.


Si vous choisissez, comme nous, de vous aventurer dans le parc en self-drive, n’hésitez pas à suivre les véhicules de safari et à vous arrêter lorsque vous en voyez un à l’arrêt : c’est qu’il y a sûrement un ou plusieurs animaux à observer ! Aussi, au niveau des points d’eau, les visiteurs partagent souvent leurs « trouvailles » avec les autres véhicules : c’est comme ça qu’une voiture garée à côté de nous nous a dit qu’un lion dormait à l’ombre d’un arbre près du point d’eau, et que nous n’aurions jamais pu voir sans avoir l’info !
Un seul mot si on devait résumer notre expérience à Etosha : la patience… On a tendance à s’imaginer tomber sur un lion ou une girafe en un clin d’œil, alors qu’il faut parfois rouler pendant des heures avant d’avoir la chance d’observer un animal. Un conseil : coupez le moteur, installez-vous et patientez plusieurs heures pour augmenter vos chances d’observer les animaux les plus rares.
Damaraland avec des enfants : éléphants du désert et paysages lunaires
Jour 5 et 6 : Après ces moments forts vécus à Etosha, nous prenons la route direction Twyfelfontein, au cœur du Damaraland. Ses paysages désertiques et ses roches ocres nous ont vraiment fascinés.
Nous avons dormi deux nuits au Twyfelfontein Country Lodge, un endroit magnifique, avec une vue sur les rochers à couper le souffle (la piscine était trop froide pour nous, on l’a regardée depuis la terrasse en se disant qu’on était quand même des filles des îles, et que 20°C ce n’est pas une température de baignade raisonnable 😅).

Que faire à Twyfelfontein ?
- Rencontrer les éléphants du désert. Cela restera l’un des moments forts de notre voyage. Nous avons réservé auprès de Twyfelfontein Elephant Drives. Le guide a tracé pendant près d’1h30 les empreintes d’éléphants dans la poussière avant de les trouver. Et là, sans prévenir, un éléphant s’est approché tout près de notre voiture. Ma fille de 4 ans a eu la peur de sa vie (c’était aussi le premier éléphant qu’elle voyait d’aussi près). → Mon conseil si vous voyagez avec de jeunes enfants : préparez-les en amont à ce que ça puisse être impressionnant. Et pensez à vous couvrir : il fait très froid le matin dans le désert, beaucoup plus qu’on ne l’imagine.
- Visiter le site de Twyfelfontein et admirer ses peintures et gravures rupestres. Vous pouvez découvrir le site par vos propres moyens ou faire le choix de vous faire accompagner d’un guide pour plus d’explications sur l’histoire de ces gravures. Très intéressant à faire avec des enfants !
Swakopmund en famille : kayak avec les otaries et désert du Namib
Jour 6-7-8 : Pour la suite du voyage, nous nous rendons sur la côte Atlantique du pays, à Swakopmund, connue pour son architecture coloniale allemande un peu surréaliste posée en plein désert. Nous avons passé trois nuits à l’Alte Brücke, un bungalow très spacieux et sans prétention mais très bien situé. En revanche, premier choc thermique pour nous, puisque cette côte est plus fraîche : 15°C, brouillard, et humidité maximale.
Mais heureusement, pour nous réchauffer le cœur, nous avons vécu une expérience inoubliable : le kayak avec les otaries. Les filles en parlent encore aujourd’hui. Pagayer au milieu d’une colonie d’otaries qui plongent autour de nous, nous regardent, jouent… c’était un moment incroyable, que je recommande vivement. Vous comprendrez aussi certainement d’où vient l’expression « sentir le phoque » 😅 – mais je ne vous en dis pas plus ! Pour cette aventure, nous sommes passés par la compagnie Desert Dunes and Dust Tour, que je recommande vraiment.
Nous sommes également partis pour une matinée dans le désert à la rencontre des« Little 5 », avec un guide passionnant qui nous a fait découvrir les petits animaux du désert, ceux qu’on ne vient pas spécialement chercher mais qui sont fascinants. Geckos, scarabées, vipères… les enfants ont adoré.



Escale à Solitaire : une station-essence au milieu du désert et le meilleur apple strudel du pays
Jour 8-9 : Nous nous rendons ensuite à Sossusvlei, un lieu particulièrement connu pour ses dunes, en plein cœur du désert du Namib.

Peu avant d’arriver,, la route traverse le tropique du Capricorne, où nous faisons un arrêt photo devant le fameux panneau, évidemment. Quelques kilomètres plus loin, on tombe sur Solitaire, pour une dernière halte avant d’arriver à notre destination finale.
Difficile de décrire Solitaire sans que ça sonne un peu cinématographique, et pourtant. C’est un hameau posé au milieu de nulle part, à la croisée de deux routes touristiques, que les voyageurs ont surnommé le « Bagdad Café » namibien. Une station-service qui date des années 60, des carcasses de vieilles voitures rouillées plantées dans le sable ambiance grand ouest américain, une petite épicerie pour se ravitailler, et une boulangerie, réputée dans tout le pays pour son apple strudel.
L’endroit est figé dans le temps, un peu irréel, et tout le monde s’y arrête. On comprend vite pourquoi : après des heures de piste en tôle ondulée et d’immensité quasi-désertique, ce bout du monde improbable fait l’effet d’un mirage. On fait le plein d’essence, une petite pause déjeuner, et on reprend la route.
Sossusvlei et les dunes rouges : l’incontournable du road trip en Namibie
Sossusvlei, ses dunes rouges, le désert du Namib. C’est l’image de la Namibie, celle que l’on voit partout sur Instagram. Mais en vrai, c’est encore mieux.
Nous avons séjourné au Desert Quiver Camp, un lodge composé de petits bungalows propres, avec une belle terrasse, et de quoi cuisiner pour ceux qui le souhaitent. En revanche, pas de restaurant sur place : il faut prendre la voiture pour dîner au Sossusvlei Lodge.
Dune 45, Dead Vlei et Big Daddy

Nous arrivons juste à temps pour admirer le coucher du soleil depuis les dunes, alors direction la Dune 45, la plus simple d’accès pour commencer notre visite du site de Sossusvlei.
Nous gardons le clou du spectacle pour le lendemain, avec la découverte de Dead Vlei et Big Daddy. Pour y accéder, vous pouvez rouler dans le sable, jusqu’au parking principal au niveau du parking de Deadvlei (à condition de dégonfler vos pneus pour ne pas vous ensabler), ou vous rendre jusqu’au parking de Sossusvlei puis prendre une navette qui vous amènera sur place.
Une fois sur place, deux options s’offrent à vous : grimper Big Daddy, la plus haute dune de la zone avec ses 325 mètres, ou vous rendre directement dans la cuvette de DeadVlei, une cuvette d’argile craquelée entouré de dunes rouges et parsemé d’acacias centenaires figés – l’image la plus iconique de Namibie.
Nous y étions vers 11h du matin, ce qui n’est pas le moment idéal pour la lumière (les photographes recommandent le lever ou le coucher du soleil pour les couleurs les plus chaudes). Mais honnêtement, à cette période de l’année, il faisait encore assez froid tôt le matin, et on ne regrette pas du tout notre choix. La lumière n’est peut-être pas la plus belle, mais les paysages restent tout de même spectaculaires.
Naankuse Lodge à Windhoek : game drive et rencontre avec les félins



Jour 10-11-12 : On a terminé le voyage au Naankuse Lodge, en périphérie de Windhoek. Hyper pratique si l’on veut se rendre à l’aéroport tout en profitant une dernière fois d’un safari en réserve privée. Créé par la fondation Naankuse, le lieu recueille des félins dont les parents ont été tués, et dirige également un programme de recherche sur la conservation des carnivores en Namibie.
C’est le lodge où nous avons pu voir le plus d’animaux de près : un combat entre deux éléphants à une centaine de mètres lors du sunset game drive, et la rencontre avec les félins lors d’un feeding (des guépards et des lions rescapés, vus de près pour la première fois de nos vies). Alors oui, ils étaient dans des enclos et nourris par l’homme, car ils ont été recueillis bébés et ne sont pas capables de chasser, mais c’était tout de même impressionnant de voir ces prédateurs de si près.
Nous avons terminé ce séjour avec des températures glaciales : 0°C le matin et en fin de journée. Les game drives (sorties safari dans la réserve) ont généralement lieu au lever et au coucher du soleil, alors pensez vraiment à prévoir des vêtements très chauds si vous vous y rendez à cette période.
Il est temps de rentrer à Maurice, le cœur rempli de souvenirs et les valises pleines de sable. La petite fille qui rêvait de parcourir les paysages de Tippi se sent réellement chanceuse d’avoir pu vivre ce voyage en famille !
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Namibie en famille : infos pratiques pour organiser son road trip

Quand partir ? Fin avril / début mai, c’est une bonne période : il fait beau et sec, la saison des pluies est terminée, la végétation est encore verte, et il y a moins de monde qu’en haute saison (juillet-août). Attention cependant aux nuits et matins froids, surtout dans le désert et sur la côte – beaucoup plus froid qu’on ne l’anticipe, même en venant de l’hémisphère sud.
Comment se déplacer ? En voiture de location 4×4 en autonomie complète. C’est le format road trip que la majorité des voyageurs choisissent. Vous roulerez majoritairement sur des pistes (gravel roads) et cela demande un peu de prudence mais rien d’extrême. Un permis de conduire international est nécessaire, ou une traduction officielle de votre permis de conduire.
Voyager avec des enfants en Namibie ?
C’est tout à fait faisable et même magique.
Quelques conseils :
- Préférez les lodges qui proposent spontanément des options kids-friendly, et dans lesquels vous pourrez facilement voir des animaux. Préparez les enfants aux approches d’animaux qui peuvent être impressionnantes, et prévoyez des vêtements chauds pour les game drives même en été austral.
- En Namibie, on passe beaucoup de temps en voiture, alors pensez aussi à prendre de quoi occuper vos enfants : ardoise magique pour dessiner, jeu de cartes, boîte à histoire (nous avions pris la Yoto et cela a bien occupé les filles), playmobils, coloriages…
Lodge ou tente de toit ?
C’est souvent la première vraie question quand on prépare un road trip en Namibie. Voici mon avis :
La tente de toit, c’est l’option aventure par excellence : dormir à la belle étoile, se réveiller au milieu des paysages, et surtout alléger considérablement la note. En pratique, la location d’un 4×4 équipé avec tente de toit revient entre 100 et 200€ par jour selon la saison, et les nuitées sur emplacement (camping privé ou dans les parcs) coûtent entre 10 et 30€ par personne, contre 250 à 350€ la nuit pour un lodge correct avec demi-pension. La différence est réelle.
Nous avons choisi les lodges pour plusieurs raisons : pour un meilleur confort avec de jeunes enfants (4 et 8 ans), après de longues journées de route, et la demi-pension comprise qui simplifie la logistique. Mais si j’avais eu plus de temps et des enfants plus grands, la tente de toit aurait clairement été dans la balance. Mixer les deux me paraît d’ailleurs une excellente formule : quelques nuits sous les étoiles dans les zones les plus sauvages, et un lodge pour souffler de temps en temps.
Faire appel à une agence ?
Je recommande à 100%. Ça ne signifie pas voyager avec un guide du matin au soir, nous étions complètement autonomes sur la route. Mais avoir un itinéraire pensé par des gens qui connaissent vraiment le pays, des hébergements pré-sélectionnés, et quelqu’un à appeler en cas de pépin, c’est une vraie valeur ajoutée. Nous avons fait confiance à Safari Factory, et je les recommande sans hésiter !
