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Concrétisation d’un rêve

by Paulinedesîles
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Avec ce récit intime, je me livre comme jamais en vous partageant mon journal de bord pendant cette période qui a été décisive pour ma vie. Vivre 5 mois à Bangkok, en Thaïlande, pendant mon année de Master 1. Retourner enfin dans ce pays qui m’avait tant marqué du haut de mes 6 ans et réaliser mon rêve. Aujourd’hui, 11 ans plus tard, j’en retiens une chose : faire confiance à son instinct et suivre ses rêves est toujours une bonne idée.

« Trop de bonheur », c’est le livre qui trônait sur sa table de chevet, comme un présage à ce qui allait nous arriver. J’aurais dû m’en douter. 

Mars 2014

La Thaïlande, j’en rêvais depuis 17 ans. Depuis le jour où j’avais fait mon premier voyage hors des frontières de mon pays. Le pays du sourire comme première destination, ça me paraît pas mal. Peut-être même que c’est ce qui a fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Je savais que j’y retournerai. C’était même peut-être devenu une sorte d’obsession. Je devais y retourner. Retrouver les brochettes de poulet marinées et le Fanta rouge de mes six ans.

Photo de mon premier voyage en Thaïlande en 1996 – Chao Praya River – Bangkok

J’aurais pu arriver ici et être déçue, ne pas retrouver ce que j’avais imaginé dans mes souvenirs lointains de petite fille. Mais ce que je vis ici est bien au-delà de mes espérances. Ce que je vis, je souhaite à tout le monde de le vivre au moins une fois dans sa vie. Cela fait seulement deux mois que j’ai posé les pieds au pays du sourire et j’en suis déjà à la moitié de mon séjour. Le temps passe trop vite. Il faudrait que chaque journée dure une journée de plus pour profiter de tout ce qu’il y a à découvrir ici.

En arrivant ici, je pensais d’abord au voyage : découvrir toutes les richesses du pays, la beauté des paysages, le choc culturel et le dépaysement que j’étais venue chercher. Mais ce que je ne savais pas, c’est que j’allais faire des rencontres humaines inoubliables et apprendre sur moi des choses que je n’aurais jamais soupçonnées. Que par exemple, le simple fait d’écouter une musique pouvait me faire planer encore plus qu’un joint. Que je suis capable de partir et me débrouiller seule à  7000 kilomètres de chez moi. Que j’aime la musique de Lana Del Rey. Que je peux faire la fête toute la nuit et aller travailler le lendemain matin. Que jusqu’à maintenant j’avais l’impression de simplement vivre et qu’aujourd’hui j’ai l’impression d’exister. Qu’avant je respirais et qu’aujourd’hui je prends de grandes bouffées d’air. Que pour écrire j’ai besoin de quelqu’un ou de quelque chose qui m’inspire. Mais si ma vie se résume à ça, comment vais-je bien pouvoir faire pour retourner à ma vie d’avant ? Après tout qu’est ce qui m’y oblige ? Les autres ? La société qui veut qu’on se range sagement dans sa routine quotidienne, qui nous dit qu’on doit construire quelque chose le plus rapidement possible, trouver un appart, un travail, un copain. Qu’il faut se marier avant 35 ans sinon on a raté sa vie ? Mais vivre sa vie comme on l’entend ce n’est pas le plus important au final ? Après tout, notre vie se résume uniquement à ce qu’on a envie d’en faire. Jusqu’à maintenant j’avais toujours fait en sorte de me ranger dans les normes, faire plaisir à mes parents, faire des études pour avoir plus tard un vrai métier, me mettre en couple et  pourquoi pas, si tout se passe bien, prendre un appart avec lui. Avant mon départ, toute ma petite vie était rangée, mon avenir proche tout tracé. Encore un an d’études, à Paris peut-être, après tout, c’est là qu’il habite, puis on prendrait un appartement dans le Sud, pour se rapprocher de nos racines et surtout du soleil, partir le plus vite possible de la morosité parisienne et de son temps de merde. Mais tout ça, après tout, ce n’était pas simplement la volonté d’un confort facile à garder, plus simple que de faire vraiment ce que j’avais envie et tout envoyer chier ?

Mais qui aurait pu penser ça un jour ? Certainement pas moi, quand je sais que ces deux dernières années j’ai passé mes journées à déprimer en cherchant un sens à ma vie, subissant cette pauvre existence que je me traînais comme un boulet au pied en attendant d’enfin prendre les choses en main. Et il aura fallu attendre deux ans plus tard, l’opportunité de réaliser un stage à l’étranger pour y arriver. Mon rêve se réalisait enfin. Antoine de Saint Exupéry disait : « fais de ta vie un rêve et de tes rêves une réalité », et il avait bien raison, je vais écouter ce conseil. J’aurais préféré partir l’esprit tranquille, sans lui, ça aurait été plus facile. Je savais donc que je laissais une partie de ma vie en France, et que je devrais forcément revenir. J’avais même peur qu’il me manque trop. Alors la question que je me pose maintenant, c’est : qu’est ce qui me rend le plus heureuse ? Cette vie laissé là bas, en stand-by ou la Thaïlande, cette parenthèse enchantée et presque irréelle ? Et la réponse je pense maintenant que je la connais. Jusqu’à aujourd’hui je pensais avoir vraiment connu l’amour. Mais si ce n’est peut-être pas ça finalement, qu’est-ce que c’est le vrai amour ? Est-ce que si j’étais vraiment amoureuse je ressentirai exactement la même chose ici ? Je m’étais toujours dit que j’irai avec le mec de ma vie en Thaïlande, que ça devait être le bon, ce que je ne savais pas et que j’étais loin d’imaginer, c’est que le mec de ma vie, j’allais peut-être le rencontrer en Thaïlande.

Bangkok, avril 2014

Il faudrait qu’un jour quelqu’un écrive un mode d’emploi pour comprendre quelque chose aux relations amoureuses, parce que désolée, mais là ça devient trop compliqué. Je passe mon tour. Rappelez-moi quand vous aurez compris quelque chose à tout ça. En attendant, je vais continuer de vivre dans mon monde parallèle pendant encore deux mois avant de me reprendre en pleine gueule le retour en France. Pour une fois j’ai envie d’être égoïste, de fermer les yeux et faire ce qui me plaît. Après tout, pour une fois que je maîtrise ma vie, pourquoi ne pas foncer et aller jusqu’au bout, en profiter à fond, puisque de toute façon ce n’est que provisoire ? Après, promis, en France je redeviendrai sage et bien rangée dans ma petite vie. Enfin, en attendant de repartir, à New York, à Rio ou pourquoi pas à Cuba ? 😉

Et même si ça n’arrive pas, ça fait tellement de bien de rêver, comme Moby dans Dream About Me.

L’amour, la raison, l’amour, la raison, l’amour…. Comment on fait pour choisir ?! Pourquoi il faut toujours qu’il y ait des dommages collatéraux dans l’histoire ? Pourquoi le bonheur de quelqu’un fait le malheur d’un autre ? Est-ce que ça va être ça tout le temps ? Est-ce qu’on doit toujours se choisir soi-même, et sacrifier le reste du monde ?

J’essaie de me dire que ce n’est que passager, c’est parce que c’est interdit que ça me fait rêver, mais plus le temps passe et plus je me dis que je suis en train d’écrire malgré moi les premières lignes d’une grande histoire. Et tous ces signes qui semblent venir de je ne sais où, ce truc inexplicable qui se passe, qui paraît si fou et si évident à la fois, toutes ces choses qui me font dire que ce qu’il se passe doit se passer, que ça devait arriver. 

Et puisque j’ai décidé de prendre ma vie en main, autant aller jusqu’au bout. J’en ai assez de faire les choses à moitié, alors maintenant je me lance : je change tout, je recommence à zéro. Ça fait mal aux autres, je sais, mais c’est certainement mieux que rester enfermée dans sa vie monotone pour faire plaisir à tout le monde. Je ne sais pas où je vais, ni dans quoi je me lance, mais personne ne pourra m’arrêter. Pas même moi. Je fonce les yeux fermés, profitant de chaque moment de bonheur qu’on pourra partager. Je me sens tellement invincible, tellement forte, tellement moi. 

ให้เดินทางไปทั่วโลกเข้าด้วยกันกับความงามของฉัน

On s’était fait une promesse, il y a 11 ans, et on l’a fait. Je m’étais faite une promesse, et je l’ai tenue. Je me suis choisie. A moi aujourd’hui, de suivre cette voie pour le reste de ma vie.

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